21/10/2015

Rencontre PDDT-Préfet 29

Samedi 17 octobre à Quimper, A. Bidal, président du Peuple des Dunes en Trégor a été reçu par le Préfet du Finistère. Voici une copie de son compte rendu de l'entretien avec celui qui sera signataire de l'arrêté d'ouverture des travaux après la signature par le ministre du décret ministériel.

Manifestation à Quimper contre les extractions de sable en Baie de Lannion
Compte rendu de la rencontre d’une délégation avec M. le Préfet.

Une délégation du Peuple des Dunes en Trégor a été reçue par Monsieur le Préfet du Finistère lors de la manifestation de protestation à Quimper, le 17 octobre dernier, contre l’autorisation d’extraction de sable en Baie de Lannion. Elle était composée de responsables du collectif, du représentant des élus de Lannion Trégor Communauté, de celui de l’association des Pêcheurs Plaisanciers de Pleumeur-Bodou, des représentants des associations environnementales Sauvegarde du Trégor, Côtes d’Armer Nature Environnement et Fédération Nationale de l’Environnement. Elle était conduite par Alain Bidal, président du collectif. A ce titre, il a longuement exposé à Monsieur le Préfet toutes les insuffisances du dossier qui a permis de délivrer le titre minier à la Compagnie Armoricaine de Navigation : absence d’état initial, en dehors du lançon, aucune étude d’impact sur les autres espèces présentes sur les lieux d’extraction, étude socio-économique tardive, manque d’entrain du pétitionnaire à s’atteler à une solution de remplacement à 40 Km de la côte. Il a insisté sur l'absence de réels pouvoirs coercitifs du Comité de suivi qui serait mis en place. En effet, l'analyse des comités de suivi dans la baie de St Brieuc démontrent que les gisements continuent bien que des voix  s'élèvent contre ces extractions en apportant des arguments. En quoi le comité de suivi qui serait mis en place pour ce gisement en baie de Lannion serait différent de ceux de la baie de St Brieuc ? M. Alain Faivre, maire de Trébeurden a rappelé l’opposition totale des élus et de toute la population contre ce projet. Du côté des associations environnementales, il a été rajouté le peu de confiance à l'égard du Groupe Roulier et de sa filiale CAN, et la fâcheuse impression d’une complaisance de l’administration à son égard. A chaque occasion, il a été redit par tous les membres de la délégation les graves risques que ferait peser cette extraction de sable sur la faune et la flore, en particulier par le panache de turbidité, et sur le profil côtier de la Baie de Lannion. Il a été demandé au préfet de parfaire le projet d'arrêté d'ouverture des travaux et avant tout commencement d'exploitation si, par malheur celle-ci devait commencer sur les points suivants :
Le ministre Macron a déclaré à Lannion le 08.06.2015 :
·        "un cabinet pleinement indépendant" sera choisi pour établir un état initial. Ce n'est plus le cas à ce jour : l'état initial de référence et l'étude socio-économique seront conduits par le pétitionnaire ! Concernant le site situé à km des côtes : "une feuille de route contraignante à l'égard de la CAN sera signée" Qui a rédigé la feuille de route ? la CAN De fait, cette feuille de route est devenue contraignante à l'égard de l'Etat.
·  Etat initial de référence -état zéro du site- : nous demandons l'application stricte du protocole conseillé par l'Ifremer du 09.02.2011, ce qui est une recommandation du Commissaire-enquêteur dans son rapport du 11.01.2011.
· Etude socio-économique : cette étude socio-économique, nous l'avons demandé depuis 2010 lors de l'enquête publique.
·    Impacts sur les deux zones Natura 2000 et le trait de côte : ces deux arguments que nous avons soulevés ont toujours été rejetés. Ils apparaissent maintenant dans le cahier des charges du titre minier : est-ce que l'arrêté préfectoral précisera les conditions de suivi scientifique de la turbidité, de l'atteinte à la flore, l'avifaune, avec quels moyens et les services de l'Etat qui seraient en charge de ces dossiers ?


Monsieur le Préfet a bien entendu toutes ces remarques en rappelant combien le Ministre de l’Economie avait pris le temps d’écouter ces doléances au point d’inclure dans le décret d’exploitation une clause suspensive en cas de dommages environnementaux avérés assortie d'une reconduction annuelle de la concession. Mais en tout état de cause, il a clairement affirmé qu’il signerait l’arrêté d’ouverture des travaux dès que le dossier sera complété et qu’on pouvait envisager le début de l’extraction dès le début de l’année 2016. En réplique, la délégation lui a signifié qu’elle a déjà envisagé d’attaquer en justice le décret ministériel d’extraction, ensuite l’arrêté préfectoral d’ouverture des travaux d’exploitation.

Enfin, si le gisement situé à 40 km des côtes permettait son exploitation, le préfet a précisé que dans ce cas, l'extraction en baie de Lannion sera stoppée.

Rencontre polie, sans surprise. Elle a le mérite d’avoir sollicité une dernière fois les représentants de l’Etat, apportant ainsi la preuve que jusqu’au bout le Peuple des Dunes a choisi la voie du dialogue avec les pouvoirs publics, sans qu’aujourd’hui elle ait débouché sur des décisions favorables de l’administration. Désormais, ce sont la justice saisie et la mobilisation citoyenne qui parleront à ces décisionnaires, manifestement plus à l'écoute de groupes privés que de leurs administrés.  

Alain Bidal


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