29/06/2015

Algues vertes : on va en manquer !


Extraction de sable, exploitation industrielle des algues vertes, l'Etat poursuit sa campagne de destruction massive de l'environnement breton. Ci-après le communiqué d'ERB...

Eau & Rivières de Bretagne est en colère : le projet d'autoriser le ramassage des algues vertes pour l'industrie est aussi stupéfiant qu'absurde et incohérent !

Stupéfiant, car ce projet n'a fait l'objet d'aucune concertation avec les comités de pilotage algues vertes ! Ni Les comités locaux de la baie de Lannion ou de Saint-Brieuc, ni le comité régional chargé de suivre la mise en œuvre du plan régional de lutte contre les algues vertes n'ont été informés des demandes de la société Agrival ni consultés ! Ces comités sont-ils bidon, puisque les sujets importants n'y sont pas abordés ?

Absurde, car antiéconomique ! Le ramassage des algues vertes entre 20 et 80 cm de profondeur d'eau provoque la mortalité des juvéniles de poissons marins (notamment les soles), et celle des coquillages enfouis dans le sable, comme l'ont démontré les études faites en baie de Douarnenez par le Parc naturel marin d'Iroise. Ramasser les ulves dans l'eau, c'est inévitablement porter préjudice à la pêche côtière et donc à l'économie locale, et à l'environnement. Après l'autorisation ministérielle d'exploitation du maerl en baie de Lannion, ce projet destiné à satisfaire les seuls intérêts financiers d'un groupe agroalimentaire, est un nouveau coup dur pour l'économie littorale. Sur quelles études environnementales s'appuie cette décision ? Quelles expertises scientifiques ont été menées ? Autant de questions à ce jour sans réponse !

Incohérent : il n'échappe à personne que cette exploitation industrielle va inévitablement rendre caduque la lutte contre la prolifération des algues vertes. D'ailleurs ce sont les mêmes organisations économiques agricoles qui contestent la lutte contre les marées vertes et veulent exploiter les ulves ! Qu'importent les risques pour la santé publique, les inconvénients pour l'environnement, les dommages pour l'économie touristique et maritime de notre littoral ! Comment l'Etat peut-il dépenser 130 millions de nos impôts dans le plan de lutte contre les algues vertes, et donner son feu vert à une filière industrielle subventionnée par la Banque publique d'investissement qui espère récolter entre 35 000 et 57 000 tonnes d'algues vertes ? Comment l'Etat peut-il s'engager à atteindre le bon état écologique des eaux en application de la directive européenne cadre sur l'eau, et envoyer un signal aussi négatif de sa volonté d'éradiquer les marées vertes ?

Eau & Rivières n'acceptera pas cette exploitation industrielle des algues vertes contraire à l'intérêt régional. L'association demande dès aujourd'hui au préfet de Région et au président du conseil régional de mettre ce sujet à l'ordre du jour de la réunion du comité de suivi du plan algues vertes prévue le 26 juin et de n'accorder aucune autorisation avant cette date.

par Gilles Huet Eau & Rivières

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